Ville et département de France
Une nef d’argent sur champ de gueules, sous les fleurs de lis du roi : Paris porte l’emblème des marchands de l’eau qui gouvernaient la ville au Moyen Âge. Avec lui, l’une des devises les plus célèbres d’Europe, Fluctuat nec mergitur — il est battu par les flots, mais ne sombre pas.
Coat of Arms
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| Statut | Ville et département (75), capitale de la France |
|---|---|
| Armes | Une nef d’argent sur champ de gueules, sous un chef d’azur semé de fleurs de lis d’or |
| Origine | Le sceau des marchands de l’eau, 1210 |
| Devise | Fluctuat nec mergitur — officielle depuis le 24 novembre 1853 |
| Couleurs | Bleu et rouge |
Blason de Paris — de gueules à la nef équipée et habillée d’argent, voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe ; au chef cousu d’azur semé de fleurs de lis d’or. Représenté ici avec la couronne murale, la devise, les branches de chêne et de laurier et les trois décorations de la ville.
De gueules à la nef équipée et habillée d’argent, voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe ; au chef cousu d’azur semé de fleurs de lis d’or.
Pourquoi cousu ? Parce que le bleu touche directement le rouge, ce que la règle héraldique interdit : pas de couleur sur couleur. Le blason signale l’exception d’un mot — le chef est dit « cousu » sur le champ.
La dernière rédaction officielle est celle du décret du 20 août 1949, qui parle d’une barque antique et ajoute la couronne murale au-dessus de l’écu. Un arrêté préfectoral du 20 juin 1942 avait déjà fixé les armoiries de toutes les communes du département de la Seine, Paris comprise, en précisant que les dessins annexés font autorité.
Ce navire n’est ni un vaisseau de guerre ni un symbole de la mer : c’est un bateau de commerce sur la Seine. Il figure en 1210 sur le sceau des marchands de l’eau, la corporation qui tenait le commerce fluvial de Paris, avec la légende Sigillum mercatorum aquæ Parisius. La tradition fait remonter l’emblème plus haut encore, jusqu’aux nautes de Lutèce, les bateliers de la ville gallo-romaine.
Si le sceau d’une corporation est devenu celui de la ville, c’est que cette corporation est devenue sa municipalité : à sa tête, le prévôt des marchands administrait Paris. La capitale n’a donc pris ni château, ni saint, ni lion. Elle a gardé l’enseigne de ceux qui la ravitaillaient par bateau.
Les fleurs de lis sont venues plus tard, et pas comme un cadeau. La Ville de Paris les date de 1358, quand elles sont imposées par le pouvoir royal. Cette année-là, le prévôt des marchands Étienne Marcel dresse la ville contre le dauphin, le futur Charles V. La révolte échoue, et les lis royaux viennent coiffer la nef. L’écu raconte cela depuis : la ville en bas, la couronne en haut.
La Révolution abolit les armoiries par le décret du 20 juin 1790, et Paris supprime les siennes en novembre de la même année. Quand Napoléon autorise de nouveau les villes à en porter, Paris en reçoit de nouvelles par lettres patentes du 29 janvier 1811.
La nef reste, mais tout ce qui est royal disparaît. Le chef devient de gueules et porte trois abeilles d’or, l’emblème de l’Empire, à la place des lis. Une étoile d’argent surmonte le navire, et la déesse Isis prend place à la proue — écho d’une théorie alors en vogue, qui rattachait le nom de Paris à son culte.
Ces armes durent six ans. Par lettres patentes du 20 décembre 1817, Louis XVIII rétablit le blason dans sa forme traditionnelle, et les lis retrouvent le chef.
La devise signifie « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ». Son sujet, c’est le navire : la phrase décrit l’écu qu’elle accompagne.
Elle est bien plus jeune que le blason. On la trouve sur des jetons municipaux frappés à la fin du XVIe siècle — en 1581 sous une forme plus longue, Fluctuat at nunquam mergitur, puis dans sa forme actuelle sur les jetons des années suivantes. Pendant près de trois siècles, ce n’est qu’une devise parmi d’autres. Elle ne devient la devise officielle de Paris que le 24 novembre 1853, par une décision du baron Haussmann, alors préfet de la Seine.
Après les attentats du 13 novembre 2015, les mots quittent le blason pour les murs : peinte place de la République et dans toute la ville, la vieille devise des marchands de l’eau prend l’allure d’un cri de résistance.
Les grandes armes de Paris ajoutent plusieurs éléments autour de l’écu.
Les couleurs de Paris sont le bleu et le rouge, les deux couleurs de son écu. Elles apparaissent comme signe de ralliement en 1358, quand les partisans d’Étienne Marcel portent des chaperons mi-rouges, mi-bleus. Le drapeau de Paris les dispose en deux bandes verticales, bleue à la hampe et rouge au battant, avec le blason au centre.
Le récit traditionnel en fait les couleurs du tricolore. Le 17 juillet 1789, trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI reçoit une cocarde qui place le blanc de la monarchie entre le bleu et le rouge de Paris ; on l’attribue à La Fayette ou au maire, Jean Sylvain Bailly. L’historien Michel Pastoureau est plus prudent : l’origine des trois couleurs est moins nette que ne le veut la légende, et pourrait devoir autant aux couleurs des Bourbons et au drapeau américain qu’à la ville.
C’est l’emblème des marchands de l’eau, la corporation qui tenait le commerce sur la Seine. La nef figure sur son sceau en 1210 et devient l’emblème de la ville parce que son chef, le prévôt des marchands, administrait Paris.
« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas. » La devise désigne le navire de l’écu. Elle apparaît sur des jetons à la fin du XVIe siècle et devient la devise officielle de Paris le 24 novembre 1853.
Le chef d’azur semé de fleurs de lis d’or reprend les anciennes armes des rois de France. Selon la Ville de Paris, les lis sont imposés par le pouvoir royal en 1358, l’année de la révolte d’Étienne Marcel contre le dauphin.
Oui. Les armes accordées le 29 janvier 1811 remplacent les fleurs de lis par trois abeilles d’or sur un chef de gueules, et ajoutent une étoile d’argent et la déesse Isis à la proue de la nef. Louis XVIII rétablit le blason traditionnel le 20 décembre 1817.
Les trois décorations de la ville : la Légion d’honneur (décret du 9 octobre 1900), la Croix de guerre 1914-1918 (citation du 28 juillet 1919) et la croix de la Libération (décret du 24 mars 1945).
Le bleu et le rouge. Attestées en 1358, elles forment le drapeau de Paris, deux bandes verticales avec le blason au centre. La tradition les retrouve dans le bleu et le rouge du drapeau tricolore.
Le blason est décrit d’après le blasonnement publié et les textes ci-dessus, et non d’après le dessin.
Dernière vérification par la rédaction d’Emblema Mundi le 30 septembre 2026.