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France — Emblème et Drapeau

La France occupe une place à part parmi les nations européennes : la République n’a aucun blason officiel. Depuis que la Révolution a balayé les armes royales d’azur à trois fleurs de lis d’or, aucun blason d’État ne les a remplacées. À leur place, un emblème officieux — un écu d’azur au faisceau de licteur, entre des branches de chêne et d’olivier, avec la devise Liberté, égalité, fraternité et le collier de la Légion d’honneur — représente la République dans certaines occasions diplomatiques. À ses côtés flotte le drapeau tricolore, né d’une cocarde présentée à Louis XVI le 17 juillet 1789, aujourd’hui l’un des drapeaux les plus influents de l’histoire. Sous ce récit national, 21 régions historiques portent leur propre identité héraldique, de l’hermine de la Bretagne à la tête de Maure de la Corse.

Drapeau de la France : trois bandes verticales bleue, blanche et rouge

France

Flag

Flag France

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Coat of Arms

Coat of Arms France

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L’essentiel

DrapeauBleu, blanc, rouge, depuis 1794
Inscrit dansLa Constitution de 1958, article 2
ArmoiriesAucune depuis la Révolution
EmblèmeLe faisceau de licteur, officieux (version de 1953)
DeviseLiberté, Égalité, Fraternité

Les drapeaux de la France

La France n’a pas toujours arboré le tricolore, et sous les rois, elle n’avait même pas de drapeau national. Des bannières des rois capétiens à la Ve République, voici les grandes étapes : l’oriflamme de guerre, les bannières fleurdelisées, le blanc du roi, les premiers pavillons tricolores de la Révolution, le tricolore de la Convention et de l’Empire, le drapeau blanc de la Restauration, le retour du tricolore en 1830, l’épisode de 1848 et les deux drapeaux rivaux de la Seconde Guerre mondiale. Chaque drapeau est détaillé ci-dessous, image à l’appui.

Cliquez sur les vignettes pour parcourir les emblèmes.

Oriflamme de Saint-Denis, bannière rouge des rois de France au Moyen Âge

XIIe

L’oriflamme de Saint-Denis

Le plus ancien étendard des rois de France n’est pas fleurdelisé, mais rouge : l’oriflamme, bannière de l’abbaye de Saint-Denis. Louis VI est le premier à la faire porter dans l’armée royale, en 1124. Bannière de combat plus que drapeau national, elle accompagne notamment la campagne de Bouvines, en 1214, et la guerre de Cent Ans, avant d’être abandonnée par Charles VII.

Bannière d’azur semée de fleurs de lis d’or (France ancien)Bannière d’azur à trois fleurs de lis d’or (France moderne)

XIIIe

Les bannières fleurdelisées

C’est le drapeau que l’on associe spontanément à la royauté : la bannière aux armes du roi, d’azur semé de fleurs de lis d’or. Ce semé, dit « France ancien », apparaît au début du XIIIe siècle. En 1376, Charles V le réduit à trois fleurs de lis, le « France moderne » :

D’azur à trois fleurs de lis d’or, posées 2 et 1.

Ces bannières bleues portent les armes du roi plus qu’elles ne représentent un pays : le royaume n’a pas encore de drapeau national.

Étendard royal de France : fond blanc semé de fleurs de lis d’or, aux armes du roi tenues par deux anges

XVIIe

Le blanc du roi

Sous l’Ancien Régime, chaque régiment et chaque navire a ses couleurs, mais le blanc est, depuis Henri IV, celui du roi et du commandement. À partir de 1638, le pavillon blanc uni est réservé aux vaisseaux de guerre de la marine royale.

L’étendard montré ici est celui du roi lui-même : hissé en sa présence, notamment sur les navires où il embarque, il porte sur un semé de lis ses grandes armes, tenues par deux anges. Ces anges ont été ajoutés aux armes de France par Charles VII, au titre de « fille aînée de l’Église ».

Pavillon national de la marine en 1790 : blanc, avec un tricolore rouge-blanc-bleu dans le coin supérieur

1790

Le premier pavillon tricolore

En juillet 1789, la milice parisienne arbore une cocarde bleu et rouge, aux couleurs de Paris. Le blanc y est ajouté le 17 juillet, lors de la venue de Louis XVI à l’Hôtel de Ville ; l’idée est attribuée, selon les récits, à La Fayette, au maire Bailly ou au roi lui-même.

La France n’a pas encore de drapeau national : seuls les navires reçoivent les nouvelles couleurs. Le décret du 24 octobre 1790 garde un pavillon de poupe blanc, frappé dans le coin d’un tricolore rouge-blanc-bleu, le rouge côté mât, et crée un pavillon de beaupré tricolore, hissé à l’avant pour les cérémonies.

Drapeau tricolore bleu, blanc, rouge adopté en 1794

1794

Le tricolore, de la Convention à l’Empire

Le 15 février 1794 (27 pluviôse an II), la Convention adopte un nouveau pavillon aux trois bandes égales — le bleu au mât, le blanc au milieu, le rouge flottant — et charge le peintre Jacques-Louis David d’en fournir les dessins. C’est le drapeau bleu-blanc-rouge actuel.

L’Empire le conserve jusqu’en 1814. Les régiments reçoivent en 1804 des drapeaux propres à l’armée, à grand losange blanc cantonné de bleu et de rouge, remplacés en 1812 par les trois bandes verticales. Au sommet de chaque hampe, Napoléon Ier place une aigle de bronze doré, inspirée des enseignes des légions romaines et sculptée d’après un modèle d’Antoine-Denis Chaudet ; il les remet aux régiments le 5 décembre 1804, trois jours après son sacre.

Drapeau blanc de la Restauration (1814-1830)

1814

Le drapeau blanc de la Restauration

À la chute de Napoléon, le gouvernement provisoire rétablit le 13 avril 1814 le pavillon blanc et la cocarde blanche ; Louis XVIII fait détruire les aigles impériales. Pendant les Cent-Jours, de mars à juin 1815, Napoléon rétablit le tricolore. La Seconde Restauration revient au drapeau blanc, de juillet 1815 à 1830.

En 1828, une ordonnance de Charles X réserve en outre à la famille royale un pavillon blanc semé de fleurs de lis d’or.

Drapeau tricolore bleu, blanc, rouge

1830

Le retour du tricolore

La révolution de Juillet 1830 rétablit le bleu-blanc-rouge, par une ordonnance du 1er août. La Charte du 14 août 1830 l’inscrit dans son article 67 : « La France reprend ses couleurs. » Louis-Philippe en fait l’emblème de la monarchie de Juillet, et un coq gaulois orne désormais le sommet des hampes.

Drapeau de février-mars 1848 : bandes verticales bleue, rouge et blanche

1848

Le drapeau de 1848

La révolution de février 1848 renverse Louis-Philippe. Une partie des insurgés réclame le drapeau rouge ; le 25 février, à l’Hôtel de Ville, le poète Lamartine le refuse : le tricolore, dit-il, « a fait le tour du monde avec la République et l’Empire ». Pendant quelques jours, le drapeau officiel suit pourtant un autre ordre : bleu, rouge, blanc.

Le décret du 5 mars 1848 rétablit l’ordre de 1794. Le drapeau n’a plus changé depuis, et la Constitution de 1958 dispose dans son article 2 : « L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. »

Drapeau de la France libre : tricolore frappé de la croix de Lorraine rougeÉtendard personnel de Philippe Pétain, chef de l’État français : tricolore à la francisque

1940

Deux drapeaux rivaux

Sous l’Occupation, deux France s’affrontent, chacune sous le tricolore, mais avec un signe opposé. À Londres, la France libre adopte la croix de Lorraine rouge, proposée au général de Gaulle par le vice-amiral Muselier le 1er juillet 1940, « en opposition à la croix gammée » ; elle devient l’emblème de la Résistance.

À Vichy, l’« État français » du maréchal Pétain garde le tricolore, mais l’étendard personnel du maréchal porte, sur la bande blanche, une francisque dont le manche est un bâton de maréchal étoilé. Cette francisque, insigne personnel de Pétain, figure sur les documents officiels et les pièces de monnaie.

Les armoiries de la France

Contrairement au drapeau, les armoiries de la France ont changé à chaque régime — et la République, elle, n’en a jamais adopté d’officielles. Des fleurs de lis des Capétiens à l’aigle des deux Empires, jusqu’au faisceau de licteur d’aujourd’hui, voici les grandes armes qui ont représenté le pays. Chaque emblème est détaillé ci-dessous, image à l’appui.

Cliquez sur les vignettes pour parcourir les emblèmes.

Armes « France ancien » : d’azur semé de fleurs de lis d’or

XIIIe

Les armes « France ancien »

Les plus anciennes armes des rois de France apparaissent au début du XIIIe siècle, et leur usage se systématise après 1211 : un champ d’azur parsemé de fleurs de lis d’or, sans nombre fixe.

D’azur semé de fleurs de lis d’or.

La fleur de lis, symbole marial, est associée à la royauté dès Louis VII, au XIIe siècle. Ce semé est appelé « France ancien ».

Armes de France-Navarre : mi-parti d’azur semé de fleurs de lis d’or et de Navarre à l’escarboucle

1305

Les armes de France-Navarre

Au début du XIVe siècle, trois rois — Louis X, Philippe V et Charles IV, fils de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre — portent aussi la couronne de Navarre et réunissent les deux écus.

Mi-parti : d’azur semé de fleurs de lis d’or, et de gueules au rais d’escarboucle accolé et pommeté d’or.

La moitié dextre porte le semé de lis du royaume, la senestre l’escarboucle d’or de Navarre. L’union des deux couronnes prend fin en 1328, à l’avènement des Valois.

Armes « France moderne » : d’azur à trois fleurs de lis d’or

1376

Les armes « France moderne »

En 1376, Charles V réduit le semé à trois fleurs de lis, pour placer le royaume sous la double invocation de la Vierge et de la Trinité.

D’azur à trois fleurs de lis d’or, posées 2 et 1.

Ce blason, dit « France moderne », reste celui du royaume jusqu’à la Révolution, porté par les Valois puis les Bourbons. Au début du XVIe siècle, l’écu se timbre d’une couronne royale fermée.

Armes de France et de Navarre sous les Bourbons : deux écus accolés, couronne royale et colliers des ordres

1589

Les armes de France et de Navarre

Avec l’avènement d’Henri IV en 1589, roi de France et de Navarre, les deux écus sont placés côte à côte, jusqu’à la Révolution.

Accolé : à dextre, d’azur à trois fleurs de lis d’or ; à senestre, de gueules à l’escarboucle accolée et pommetée d’or.

Les écus sont timbrés de la couronne royale fermée et entourés des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Dans les grandes armes, deux anges les tiennent, devant un manteau d’azur semé de lis d’or.

Armoiries du Premier Empire : aigle impériale de Napoléon Ier, manteau semé d’abeilles d’or

1804

Les armoiries du Premier Empire

En 1804, Napoléon Ier rompt avec le lis et adopte l’aigle, inspirée des enseignes des légions romaines.

D’azur à l’aigle d’or empiétant un foudre du même.

Le manteau est semé d’abeilles d’or, inspirées des bijoux en forme d’abeilles retrouvés en 1653 dans la tombe du roi franc Childéric Ier. La couronne impériale et le grand collier de la Légion d’honneur complètent l’ensemble.

Armoiries de la Restauration : d’azur à trois fleurs de lis d’or sous la couronne royale

1814

Les armes de la Restauration

Avec le retour des Bourbons — Louis XVIII, puis Charles X —, l’aigle disparaît et les fleurs de lis reviennent.

D’azur à trois fleurs de lis d’or.

L’écu de France moderne retrouve la couronne royale fermée et les colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit ; les Bourbons reprennent aussi, à l’occasion, les armes de Navarre. Ces armes durent jusqu’à la révolution de Juillet 1830.

Armoiries de la Monarchie de Juillet : d’azur à la Charte constitutionnelle de 1830 d’or

1831

La Monarchie de Juillet

Louis-Philippe, « roi des Français » et non plus « roi de France », prend d’abord, en août 1830, les armes de sa maison d’Orléans : les trois lis au lambel d’argent. En février 1831, après des émeutes, elles sont remplacées par la Charte constitutionnelle.

D’azur à la charte constitutionnelle de 1830 d’or, gravée de sable.

Le livre ouvert de la Charte remplace les lis : la monarchie se présente comme fondée sur un texte constitutionnel. Ces armes disparaissent avec la révolution de 1848.

Armoiries du Second Empire : aigle impériale de Napoléon III

1852

Les armoiries du Second Empire

En 1852, Napoléon III restaure l’aigle impériale de son oncle : le Second Empire reprend les armes du Premier.

D’azur à l’aigle d’or empiétant un foudre du même.

L’aigle, le manteau semé d’abeilles, la couronne impériale et le grand collier de la Légion d’honneur reparaissent ; seuls les ornements extérieurs changent. Ces armes disparaissent avec la chute de l’Empire, en 1870.

Emblème officieux de la République française : écu d’azur au faisceau de licteur, entouré du collier de la Légion d’honneur

1953

L’emblème officieux de la République

La République n’a jamais adopté d’armoiries officielles. En 1953, pour représenter la France aux Nations unies, une commission réunie au Quai d’Orsay retient un emblème officieux, dessiné par l’artiste héraldiste Robert Louis :

D’azur au faisceau de licteur posé en pal, sur deux branches de chêne et d’olivier passées en sautoir, le tout d’or, lié par un ruban du même, chargé de la devise en lettres de sable Liberté, Égalité, Fraternité.

C’est l’emblème qu’utilise la République aujourd’hui : il est présenté en détail ci-dessous.

L’emblème actuel

Emblème officieux de la République française : écu d’azur au faisceau de licteur d’or, sur des branches de chêne et d’olivier, avec la devise, entouré du grand collier de la Légion d’honneur

Emblème de la République française — la version retenue en 1953, avec le grand collier de la Légion d’honneur.

La France n’a pas d’armoiries officielles : la Constitution ne mentionne que le drapeau tricolore. L’emblème ci-dessus n’a jamais été fixé par une loi. Il a été retenu en 1953 par une commission réunie au ministère des Affaires étrangères, lorsque chaque pays devait être représenté dans la salle de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Blasonnement

D’azur au faisceau de licteur posé en pal, sur deux branches de chêne et d’olivier passées en sautoir, le tout d’or, lié par un ruban du même, chargé de la devise en lettres de sable Liberté, Égalité, Fraternité.

C’est le projet de l’artiste héraldiste Robert Louis, tel que le décrit l’Élysée. L’écu est entouré du grand collier de la Légion d’honneur. Les sources anglophones rattachent cette composition à un dessin du peintre-graveur Maurice de Meyère, en 1905.

Pourquoi un faisceau de licteur ?

Dans la Rome antique, le faisceau — des verges liées autour d’une hache — était porté par les licteurs, au service des magistrats. La Révolution le réinterprète comme l’union et la force des citoyens réunis pour défendre la liberté : l’Assemblée constituante en fait un emblème de la France dès 1790. Il figure ensuite sur le sceau de la Ire, puis de la IIe République.

Deux emblèmes à ne pas confondre

Les ambassades et les passeports portent un autre emblème : un faisceau recouvert d’un bouclier gravé RF, entre une branche de chêne, pour la justice, et une branche d’olivier, pour la paix. Il est l’œuvre du sculpteur Jules-Clément Chaplain et sert au Quai d’Orsay depuis 1912 ou 1913 selon les sources.

La tradition héraldique française

La France a joué un rôle fondateur dans le développement de l’héraldique européenne. Le mot blason lui-même vient de l’ancien français, et les premiers traités systématiques d’héraldique furent rédigés en français. La fleur de lis, associée à la couronne de France au moins depuis Louis VII au XIIe siècle, devint sans doute le meuble le plus reconnaissable de toute l’héraldique occidentale.

Contrairement à l’Angleterre ou à l’Écosse, la France n’a plus aujourd’hui d’autorité héraldique d’État : les derniers hérauts d’armes royaux ont disparu avec l’Ancien Régime. L’héraldique communale et régionale reste pourtant vivace ; communes, départements et régions adoptent et modifient librement leurs armes, souvent d’après les blasons enregistrés dans l’Armorial général de France de d’Hozier (1696).

Le style héraldique français privilégie la clarté et l’élégance : partitions simples, meubles francs, et stricte observance de la règle de contrariété des couleurs. Les armes régionales reflètent souvent l’histoire féodale — les léopards de Normandie rappellent le lien Plantagenêt, l’hermine de Bretagne la maison ducale, et la croix de Toulouse le Languedoc.

Les 21 régions de France

Sous l’emblème national, chaque région historique porte des armes héritées de son passé féodal ou provincial : l’hermine plain de la Bretagne, la tête de Maure de la Corse, le lion de Flandre du Nord-Pas-de-Calais, les alérions des ducs de Lorraine. La France n’ayant plus d’autorité héraldique d’État, régions, départements et communes choisissent librement leurs armes.

Voici les 21 régions présentées sur la carte (découpage d’avant 2016, Normandie réunifiée), chacune avec sa fiche.

A

B

C

F

I

L

M

N

P

R

Questions fréquentes

La France a-t-elle un blason officiel ?

Non. Depuis la chute de la monarchie, la France n’a pas de blason officiel : seul le drapeau tricolore est inscrit dans la Constitution. La République utilise des emblèmes officieux, dont un écu d’azur au faisceau de licteur, entre des branches de chêne et d’olivier, avec la devise Liberté, égalité, fraternité et le collier de la Légion d’honneur, retenu en 1953 pour la salle de l’Assemblée générale des Nations unies.

Pourquoi le drapeau français est-il bleu, blanc et rouge ?

Selon l’explication traditionnelle, le bleu et le rouge sont les couleurs de la ville de Paris, et le blanc celle de la monarchie : réunies dans la cocarde de juillet 1789, elles symbolisent l’union du roi et de la nation. Le blanc aurait été ajouté le 17 juillet 1789, lors de la venue de Louis XVI à l’Hôtel de Ville ; l’idée est attribuée, selon les récits, à La Fayette, au maire Bailly ou au roi lui-même. Cette origine reste discutée.

Depuis quand le drapeau a-t-il sa forme actuelle ?

L’ordre bleu, blanc, rouge date du 15 février 1794, pour le pavillon de la Convention. Le drapeau blanc le remplace sous la Restauration, de 1814 à 1830, puis le tricolore revient avec la révolution de Juillet. Après quelques jours en bleu, rouge, blanc en 1848, le décret du 5 mars 1848 rétablit l’ordre de 1794. Seule la teinte a varié depuis : un bleu plus clair, utilisé par la présidence à partir de 1974, a été abandonné en 2020 au profit du bleu marine.

Qui a dessiné l’emblème officieux de la France ?

Selon l’Élysée, la version retenue en 1953 pour les Nations unies est le projet de l’artiste héraldiste Robert Louis ; les sources anglophones la rattachent à une composition de 1905 du peintre-graveur Maurice de Meyère. L’emblème des ambassades et des passeports, au bouclier gravé RF, est l’œuvre du sculpteur Jules-Clément Chaplain.

Pourquoi un faisceau de licteur ?

Le faisceau vient de la Rome antique, où les licteurs le portaient au service des magistrats. La Révolution en fait le symbole de l’union et de la force des citoyens réunis pour défendre la liberté, et l’Assemblée constituante l’adopte comme emblème de la France en 1790. Il reste depuis l’un des symboles de la République « une et indivisible ».

Quelles étaient les armes royales de France ?

Les armes royales étaient d’azur à trois fleurs de lis d’or. Ce blason, dit « France moderne », est fixé en 1376 par Charles V, qui réduit à trois les lis semés sur l’écu, en l’honneur de la Vierge et de la Trinité. Avant lui, le « France ancien » portait un semé de fleurs de lis sur tout le champ.

Pourquoi la France libre a-t-elle choisi la croix de Lorraine ?

Le vice-amiral Muselier la propose au général de Gaulle le 1er juillet 1940, « en opposition à la croix gammée ». Les raisons probables de ce choix sont les origines lorraines de Muselier et la croix de Lorraine qui figurait dans les armes du 507e régiment de chars, commandé par de Gaulle avant la guerre.

Sources et références

  • Pastoureau, Michel. Traité d’héraldique. Paris: Picard, 2003.
  • Velde, François. Encyclopaedia Heraldica: France. heraldica.org.
  • Smith, Whitney. Flags Through the Ages and Across the World. New York: McGraw-Hill, 1975.
  • Présidence de la République. Le faisceau de licteur. elysee.fr.
  • Znamierowski, Alfred. The World Encyclopedia of Flags. London: Lorenz, 2013.
  • Constitution de la Ve République, Article 2 (1958).
  • Fondation Charles-de-Gaulle. Origine et signification de la Croix de Lorraine. charles-de-gaulle.org.
  • Fondation Napoléon. Les Aigles du Premier et du Second Empire. napoleon.org.
  • Wikipédia. Armoiries de la France, Drapeau de la France, Croix de Lorraine, Francisque gallique, Abeille impériale ; en anglais, National emblem of France, French Imperial Eagle, Oriflamme.

Illustrations des drapeaux : Wikimedia Commons (domaine public), sauf l’étendard royal, © Sodacan, CC BY-SA 3.0 ; le pavillon de 1790, © Rama, CC BY-SA 2.0 FR ; le drapeau de 1848, © Titimaster, CC BY-SA 3.0. Blasons : Wikimedia Commons — France ancien © Saltspan, France moderne, armes de France et de Navarre, armoiries royales (France-Navarre 1305, Restauration, Monarchie de Juillet) et armoiries impériales © Sodacan et Louis de Lauban (CC BY-SA) ; emblème républicain © Hans-Ulrich Herzog (domaine public).

Dernière vérification par l’équipe éditoriale d’Emblema Mundi le 2 octobre 2026.

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