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Bretagne — Blason et Drapeau


Le blason de la Bretagne — d'hermine plain — est l'un des plus courts blasonnements de l'héraldique européenne et l'un des plus immédiatement reconnaissables. Associé au Gwenn-ha-Du, le drapeau noir et blanc dessiné en 1923, il forme une identité visuelle qui a traversé le duché, le royaume de France et la République sans modification.

En bref

RégionBretagne (Breizh), France
Blason adopté1316, sous le duc Jean III « le Bon »
Drapeau adopté1923, dessiné par Morvan Marchal
BlasonnementD'hermine plain
ÉmauxArgent, sable (fourrure d'hermine)
Devise (latin)Potius mori quam foedari
Devise (breton)Kentoc'h mervel eget bezañ saotret
Traduction« Plutôt la mort que la souillure »
Blason de la Bretagne — d'hermine plain, un champ d'argent semé de mouchetures de sable.

Blason — D'hermine plain.

Blason

Blasonnement

D'hermine plain.

Les armes de la Bretagne médiévale étaient entièrement constituées de la fourrure héraldique d'hermine : un champ d'argent semé de mouchetures de sable représentant la queue des hermines (le mammifère) dans leur pelage hivernal. Le blasonnement ne requérait aucune charge, partition ni ornement supplémentaire.

Au sein de la tradition héraldique, où les armes étaient généralement construites à partir de combinaisons d'émaux et de figures, le choix breton était exceptionnel. Plutôt que d'utiliser l'hermine comme élément décoratif, le duché fit de la fourrure elle-même son emblème souverain complet.

Peu d'armoiries médiévales ont atteint une telle simplicité tout en restant aussi immédiatement identifiables. L'écu d'hermine est devenu indissociable de l'identité bretonne et demeure l'un des symboles les plus durables de la Bretagne aujourd'hui.

Évolution historique (1213 → aujourd'hui)

Avant 1213 — La Maison de Dreux. Les premiers ducs de Bretagne étaient des cadets capétiens de la Maison de Dreux, dont les armes étaient échiqueté d'or et d'azur, à la bordure de gueules.

1213 — Pierre « Mauclerc » et le franc-quartier d'hermine. Lorsque Pierre de Dreux (« Mauclerc ») épousa Alix, héritière de la Bretagne, et prit le titre ducal, il adopta les armes de Dreux avec un franc-quartier d'hermine au chef dextre — une brisure héraldique marquant son accession à une nouvelle dignité. Ce franc-quartier fut la première apparition de la fourrure dans l'héraldique bretonne.

1316 — Jean III et l'hermine plain. Sous le duc Jean III « le Bon », les quartiers de Dreux disparaissent entièrement. L'écu devient d'hermine plain : rien que la fourrure. Cette simplification était probablement politique — une revendication visuelle de l'indépendance de la Bretagne vis-à-vis de toute filiation capétienne.

1532 — Union avec la France. L'Édit de Vannes unit le duché de Bretagne à la Couronne de France. Contrairement à de nombreuses provinces absorbées, la Bretagne conserva ses armes inchangées. L'hermine continua d'apparaître sur les actes royaux concernant la province jusqu'en 1789.

1789–aujourd'hui — République et Région. Supprimée comme emblème officiel en 1790, l'hermine revint de manière informelle tout au long du XIXe siècle, fut ravivée par le mouvement culturel breton, et constitue aujourd'hui l'emblème héraldique de la Région Bretagne ainsi que d'innombrables communes, écoles et clubs sportifs bretons.

L'hermine — symbole et légende

Deux récits coexistent, à ne pas confondre :

  • L'explication historique correspond à la brisure de Mauclerc décrite plus haut : l'hermine fut une brisure héraldique avant de devenir un symbole.
  • L'explication légendaire rattache l'hermine à Anne de Bretagne (1477–1514), duchesse de Bretagne. Selon un récit du XVIe siècle, Anne chassait quand elle vit une hermine, poursuivie par les chiens, s'arrêter devant une flaque boueuse et faire face à la mort plutôt que de souiller son pelage blanc. Elle aurait épargné l'animal et adopté la devise Potius mori quam foedari.

La légende est romantique et presque certainement une invention postérieure au Moyen Âge. Mais elle a cristallisé le symbolisme de l'hermine : pureté, intégrité, résistance — valeurs encore revendiquées par l'identité bretonne aujourd'hui.

Drapeau de la Bretagne — le Gwenn-ha-Du, neuf bandes horizontales alternées noires et blanches avec un canton de mouchetures d'hermine.

Drapeau — le Gwenn-ha-Du — Neuf bandes de sable et d'argent, un canton d'hermine.

Drapeau — le Gwenn-ha-Du

Origine et créateur

Dessiné en 1923 par l'architecte et nationaliste breton Morvan Marchal, le Gwenn-ha-Du (« blanc et noir » en breton) fut délibérément modelé sur le drapeau des États-Unis — Marchal voyait dans le drapeau américain l'emblème moderne universel d'une fédération de peuples.

Les neuf bandes

ÉlémentSignification
9 bandes horizontalesLes neuf évêchés historiques de Bretagne
5 bandes noiresLes diocèses gallo (de langue romane) : Dol, Nantes, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo
4 bandes blanchesLes diocèses bretonnants : Cornouaille, Léon, Trégor, Vannetais
CantonD'argent semé de 11 mouchetures d'hermine — les armes ducales historiques
ProportionsVariables ; communément 3:5

Usage moderne

Le drapeau fut interdit sous Vichy et découragé après 1945, mais se répandit dans les festivals bretons à partir des années 1960. Depuis les années 2000, il flotte officiellement sur les bâtiments de la Région Bretagne et, depuis 2014, sur la Préfecture de Région. Il apparaît désormais sur les plaques d'immatriculation régionales, les blasons d'écoles, les clubs sportifs et la Frégate Bretagne de la Marine nationale.

Héraldique régionale de Bretagne

Les quatre départements

La Région Bretagne actuelle comprend quatre départements, chacun avec sa propre héraldique reprenant des éléments des armes ducales :

Pays historiques (Bro)

Pour les pays (bro) bretonnants — les subdivisions culturelles plutôt qu'administratives, chacune avec son propre emblème — voir l'atlas historique de Breizh dédié.

Questions fréquentes

Pourquoi le blason breton est-il entièrement blanc avec des taches noires ?

Parce qu'il s'agit d'hermine, une fourrure héraldique, et non d'un motif de couleur. Elle représente le pelage hivernal de l'hermine (le mammifère), dont la queue reste noire. La Bretagne est la seule entité souveraine européenne à porter des armes entièrement composées d'une fourrure.

Qui a dessiné le drapeau Gwenn-ha-Du ?

Morvan Marchal, architecte et nationaliste breton, en 1923. Il l'a explicitement modelé sur le drapeau des États-Unis, remplaçant les étoiles par des mouchetures d'hermine et les couleurs des bandes par le symbolisme diocésain.

Que signifient les neuf bandes ?

Les cinq bandes noires représentent les diocèses gallo historiques (de langue romane) : Dol, Nantes, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo. Les quatre bandes blanches représentent les diocèses bretonnants : Cornouaille, Léon, Trégor, Vannetais.

La légende de l'hermine d'Anne de Bretagne est-elle authentique ?

Presque certainement pas. Le récit n'apparaît qu'au XVIe siècle, bien après la vie d'Anne, et présente la structure d'une fable moralisante. L'hermine était l'emblème de la Bretagne depuis plus d'un siècle avant la naissance d'Anne — depuis 1316. La légende est une relecture postérieure d'un symbole plus ancien, et non son origine.

Quand la Bretagne a-t-elle officiellement rejoint la France ?

L'Édit de Vannes (1532) a uni formellement le duché de Bretagne à la Couronne de France. Les armes furent conservées, un privilège inhabituel parmi les provinces incorporées.

Sources et lectures

  • Galliou, P. & Jones, M., The Bretons, Blackwell, 1991
  • Pastoureau, M., Traité d'héraldique, Picard, 6e éd., 2008 — chapitre sur les fourrures
  • Marchal, M., manifestes dans Breiz Atao, 1923–1925
  • Kerhervé, J., L'État breton aux XIVe et XVe siècles, Maloine, 1987
  • Région Bretagne, Charte du drapeau régional, 2014

Dernière révision par l'équipe éditoriale d'Emblema Mundi le 14 juin 2026.

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